Qu’est-ce que la motricité libre ?

Éveil et communicationApprendre à se déplacerQu'est-ce que la motricité libre ?

Le principe de la motricité libre nous vient des années 1960 : c’est une pédiatre, Emmi Pikler, qui a fait de la motricité libre l’un des trois piliers de ce qu’elle juge être la meilleure éducation possible. L’idée derrière la motricité libre ? Laisser l’enfant libre de ses mouvements et limiter au maximum les interventions et les enseignements de la part adultes. Pourquoi ? Pour lui permettre de se développer à son rythme et dans les meilleures conditions : d’après sa théoricienne, laisser un bébé ou un enfant libre d’explorer son environnement maximise son autonomie sans retarder son autonomie. Mais qu’en est-il plus précisément de la motricité libre ? 

Qu’est-ce que la motricité libre ?

 

Le concept de la motricité libre, aussi appelée motricité spontanée, a été inventé par la médecin pédiatre Emmi Pikler dans les années 1960. Ses travaux montraient que l’enfant était doté de capacités propres lui permettant de se développer seul, sans l’intervention d’un adulte. Pour elle, le développement moteur se fait naturellement : contraindre l’enfant dans ses mouvements conduirait en fait à retarder son développement, son autonomie et à lui faire prendre de mauvais réflexes.

La motricité libre consiste donc à laisser à l’enfant la possibilité de se mouvoir tout seul. L’idée est de le laisser découvrir son corps et son environnement de manière libre, sans qu’il soit contraint. La motricité spontanée est donc basée sur une forme de confiance : les parents doivent lâcher prise, ne pas chercher à intervenir sans arrêt auprès de leur petit, ce qui lui permettra d’aller à son rythme pour les différents apprentissages psychomoteurs : s’asseoir, se mettre lui-même sur le ventre, ramper, faire du quatre pattes, marcher, etc. 

Concrètement, la motricité libre, c’est quoi ? 

  • Les parents doivent éviter de placer l’enfant dans une position qu’il ne maîtrise pas encore. Par exemple : on ne le place pas en position assise, par terre, s’il ne sait pas encore se mettre assis tout seul. Autre exemple, les adultes ne soutiennent pas l’enfant sous les aisselles pour l’aider à marcher : il va progressivement apprendre à faire ses premiers pas seul, sans avoir besoin du soutien de ses parents, il faut lui laisser le temps d’être prêt sans accélérer les choses. 
  • Il faut aussi laisser son enfant bouger librement sans contraindre ses mouvements : par exemple, on évite de le laisser de manière prolongée dans un cosy, un transat ou une poussette – dans ces sièges, il ne peut pas bouger comme il veut. Au contraire, il faut laisser l’enfant explorer son environnement, en l’installant sur un tapis d’éveil par exemple, en osant le laisser sur le ventre et même en acceptant qu’il chute parfois. Évidemment, motricité libre ne signifie pas absence totale de supervision : les parents doivent rester vigilants pour que leur petit ne se blesse pas, et aménager des espaces sécurisés pour qu’il puisse découvrir en toute sécurité.

 

Qu’est-ce que la motricité libre ?
Par sirtravelalot / Shutterstock

Pourquoi opter pour la motricité libre ?

 

On pourrait penser que le fait de miser sur la motricité spontanée de l’enfant, une idée qui date des années 1960, a été progressivement abandonné au profit d’autres théories du développement. Hé bien non, ce n’est pas vraiment le cas : la motricité libre reste d’actualité, elle est bien souvent prônée dans les crèches et conseillée par les médecins pédiatres. 

 

Pourquoi vous devriez vous laisser séduire par la motricité libre ? 

  • Premier argument : parce qu’il est sain que l’enfant découvre à son propre rythme son corps et son environnement et qu’il franchisse les différentes étapes du développement psychomoteur quand il sera prêt. Être dans une démarche de motricité spontanée, c’est mettre moins de pression sur sa progéniture… et sur ses propres épaules de parent. 
  • Deuxième argument : parce que la motricité spontanée éveille la curiosité de l’enfant. Rappelons que la découverte de l’environnement, quand on est petit, passe par toucher les objets et observer tout autour de soi : la motricité libre permet donc une exploration optimale, l’enfant n’étant pas retenu ou contraint dans ses mouvements. 
  • Troisième argument : parce que l’enfant trouve ainsi son équilibre et fait des mouvements naturels non néfastes pour son corps. Prenez la situation inverse : quand des parents « aident » leur bébé à marcher en achetant un trotteur (à bannir !) ou en le soutenant plus tard sous les épaules pour qu’il marche, les mouvements ne sont pas naturels, l’équilibre est faussé, l’enfant risque de forcer sur ses muscles ou ses articulations. In fine, cela n’aide pas du tout à apprendre plus vite la marche puisque l’enfant ne fait pas les bons mouvements. 
  • Quatrième argument : parce que miser sur la motricité spontanée, c’est déjà de la parentalité positive. Les parents accompagnent et encouragent l’enfant sans le pousser et sans pression, ils sécurisent l’environnement pour éviter les blessures sans interdire à l’enfant d’explorer. 

 

Pourquoi opter pour la motricité libre ?
Par PUWADON SANG / Shutterstock

Comment mettre en pratique la motricité libre ?

 

La motricité libre ne nécessite pas de réaliser de gros investissements : globalement, un tapis de sol et des jouets suffisent pour stimuler efficacement les capacités de votre enfant et lui permettre de se développer en toute spontanéité. Attention cependant, motricité libre ne signifie pas liberté absolue de l’enfant : il faut savoir créer l’environnement propice et sécurisée pour permettre la motricité spontanée, et toujours garder un œil bienveillant sur son enfant en bas âge. 

Concrètement, qu’est-ce qu’il faut faire pour que son enfant se développe naturellement grâce à la motricité spontanée ? 

Installer un tapis de sol

Dès les premiers mois, vous pouvez installer votre bébé sur un tapis de sol confortable. Il y sera libre de ses mouvements et pourra explorer en toute liberté. 

Si votre enfant n’aime pas trop être installé au sol et semble préférer les sièges, vous pouvez l’encourager en transformant cette expérience en un moment de plaisir et de complicité. Allongez-vous à son niveau afin qu’il puisse voir que vous prenez du plaisir à jouer avec lui dans cette position. Il va ainsi réussir à se détendre et va associer cette position à un sentiment d’amusement.

Pensez également à mettre de temps en temps votre enfant sur le ventre, sous surveillance évidemment : quelques minutes par jour dans cette position aide à renforcer son tonus et pour le coup, c’est très bon pour son développement.

 

Mettre en place un environnement stimulant

Installez autour de votre enfant des objets qui arriveront à le stimuler et qui l’inviteront à développer sa motricité. Hochets, balles, grelots, peluches, jouets de couleurs et de textures différents… tous sauront attiser sa curiosité. Installez-les à une petite distance de lui afin qu’il puisse facilement les observer et s’en saisir. Lorsque votre enfant arrivera à marcher, vous pouvez placer les objets à différents endroits de la pièce pour l’inviter à se déplacer et à découvrir son environnement.

Attention à ne pas proposer trop d’items à la fois et pensez à varier régulièrement les jouets afin que votre enfant garde sa curiosité et son envie de découvrir. Attention également à proposer des objets résistants, sans danger et adaptés à son âge !

Verbaliser

Bien que la motricité libre consiste à laisser l’enfant se débrouiller seul, cela ne signifie pas pour autant que vous ne devez pas vous impliquer. Il est important de l’encourager et de le féliciter pour le stimuler et l’aider à prendre confiance en lui. En réagissant à ses actions et à ses progrès, vous l’encouragez à continuer dans cette voie. Votre présence est également primordiale pour que l’enfant se sente en sécurité. Pour l’aider à apprendre, n’hésitez pas à mettre des mots sur ses gestes. Cela l’aidera à associer les actions à des mots.

La verbalisation permet également d’aider l’enfant lorsqu’il ne parvient pas à réaliser les actions qu’il souhaite faire. Cela l’aide à se rassurer et à canaliser ses émotions pour ne pas qu’il soit frustré.

Verbaliser
Par Halfpoint / Shutterstock

Opter pour une tenue adaptée

Pour faciliter la tâche à votre enfant, évitez de l’habiller avec des habits trop serrés et contraignants qui peuvent nuire à sa motricité. Il doit être habillé avec des vêtements souples qui lui permettent de bouger facilement. On oublie les chaussures raides et montantes. Les pieds ont besoin d’être nus (de préférence) ou chaussés avec des matières souples pour permettre au bébé de se muscler et de se mouvoir facilement. 

Éviter les accessoires qui contraignent les mouvements

Beaucoup d’accessoires de puériculture constituent en fait une entrave au développement : faites attention de ne pas tomber dans le piège des arguments marketing. Le transat, le cosy ou le siège pour la voiture sont à éviter le plus possible : ils mettent l’enfant dans une posture dans laquelle il ne possède pas – ou peu – de liberté de mouvement. Ils doivent être réservés pour des périodes courtes. Les cale-bébés comme les coussins pour éviter la tête plate sont, pour leur part, à bannir totalement (sauf cas très particulier, si un médecin vous le conseille pour votre bébé) : ces dispositifs sont néfastes et mauvais pour le développement de votre enfant. 

Nous vous invitons également à utiliser les portiques et mobiles avec parcimonie. Ils attirent l’attention visuelle d’un bébé, mais ces objets qui bougent tous seuls ne peuvent pas être attrapés et ne l’invitent donc pas à essayer de se déplacer. Réservez-les au moment où votre petit aura grandi et saura tendre les bras pour les attraper !

Créer un environnement sécurisé

La motricité libre étant basée sur la libre exploration de l’enfant, il est primordial qu’il puisse le faire sans danger ! Pensez à sécuriser son environnement pour éliminer tout risque de blessure. On protège les coins des meubles en cas de chute, et on installe des systèmes de sécurité pour que l’enfant ne puisse pas réussir à ouvrir les placards dans lesquels pourraient se trouver des objets dangereux. Vous êtes prêts à vous lancer ! 

Image de couverture Par fizkes / Shutterstock

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