Orthophoniste enfant : pourquoi le consulter ?

Santé de bébé Orthophoniste enfant : pourquoi le consulter ?

L’orthophonie est une profession de la santé que l’on connaît généralement de nom : on visualise assez bien ce qu’est un orthophoniste, ce professionnel qui aide les enfants ayant des difficultés à bien prononcer les mots, qui mélangent les sons « ch » et le « s » par exemple et vont parler d’une « saussure » au lieu d’une « chaussure ». Mais la profession paramédicale d’orthophoniste est plus large qu’un travail de rééducation sur le mélange des phonèmes. Sachez qu’un orthophoniste peut aussi accompagner les adultes, mais on se concentrera ici sur l’orthophonie à destination des enfants : pourquoi, et quand consulter un orthophoniste pour son enfant ? 

Pourquoi aller chez l’orthophoniste ?

Pourquoi aller chez l'orthophoniste ?
Source : ABO PHOTOGRAPHY / Shutterstock.com

Quand on va voir un orthophoniste, c’est sur prescription médicale : contrairement à un kinésithérapeute pédiatrique par exemple, il faut avoir une ordonnance d’un médecin pour consulter un orthophoniste. Ce n’est donc pas vous, parents, qui allez décider unilatéralement d’emmener votre enfant à des séances d’orthophonie. 

Par contre, les parents, alertés ou non par les enseignants, peuvent consulter un médecin pour parler de ces problèmes. Quels sont-ils justement ? 

Sachez qu’un orthophoniste travaille certes avec des enfants qui vont confondre des phonèmes proches (comme le « s » et le « ch », mais aussi le « f » et le « s » par exemple), mais ce n’est pas tout. L’orthophoniste peut travailler avec des enfants qui présentent des difficultés diverses, à des degrés très différents : il prend en charge, de façon très large, les troubles de la communication. Selon les classifications utilisées (CIM-10, DSM-5…), ces troubles prennent des noms différents, mais retenez que peut être pris en charge : 

  • Un enfant qui présente des troubles du langage : on parlera aussi de dysphasie, qui est un trouble spécifique (c’est-à-dire que le trouble du langage n’est pas causé par autre chose, comme un handicap intellectuel par exemple). Cela concerne les enfants qui ont un vocabulaire restreint, qui ne s’expriment comme cela est attendu à leur âge, qui ont du mal à structurer leurs phrases. Finalement, le trouble du langage, c’est une difficulté à acquérir et à utiliser le langage.
  • Un enfant qui présente un trouble de la phonation : c’est le fameux enfant qui dit « saussures » par exemple. Le trouble de la phonation, c’est la difficulté à produire correctement les phonèmes (schématiquement, les sons de la langue) : il peut y avoir des oublis de phonèmes, des interversions ou des substitutions à l’intérieur des mots. Cela rend le discours de l’enfant peu compréhensible.
  • Un enfant qui a un trouble de la communication sociale : c’est un enfant qui ne sait pas utiliser correctement la communication à des fins sociales. C’est, par exemple, les enfants qui ne comprennent pas ce qui n’est pas exprimé clairement (comme l’expression « donner sa langue au chat »), qui ne suivent pas les règles d’une conversation (attendre son tour pour parler, ne pas couper la parole), qui ne savent pas adapter leur langage à leur interlocuteur ou à la situation.
  • Un enfant qui présente un trouble de la fluidité du langage : ici, c’est la fluidité et le rythme de la parole qui ne sont pas adéquats. Ce sont des enfants qui peuvent faire de longues pauses dans leurs phrases, répéter des syllabes, prolonger les sons plus que nécessaire, substituer des mots à d’autres s’ils sont trop compliqués, et qui présentent souvent une anxiété et une forte tension physique (qui n’arrange en rien le trouble du langage, évidemment). On pense aussi aux enfants qui sont touchés par le zézaiement ou le bégaiement.
  • Un enfant qui présente un trouble de la voix : qui parle souvent trop fort ou trop aigüe.
  • Un orthophoniste peut aussi accueillir les enfants qui ont des troubles dans l’acquisition de l’articulation.

L’orthophoniste peut donc intervenir auprès d’un public d’enfant très divers. Retenez qu’ici, on a cité des troubles : votre enfant peut présenter des petites caractéristiques citées précédemment, sans souffrir d’un réel trouble (qui nécessite de remplir des critères bien définis et la pose d’un diagnostic par un médecin). 

L’orthophoniste prêtera également attention à la différence entre les capacités de langages expressives (est-ce que l’enfant sait s’exprimer, sait produire du langage, c’est surtout là-dessus que l’orthophoniste va intervenir) et les capacités réceptives (est-ce que l’enfant comprend bien ce qu’on lui dit : dans ce dernier cas, il peut y avoir une pathologie qui explique une mauvaise compréhension par l’enfant, et cela relève moins de l’orthophonie).

Enfin, l’orthophoniste prend aussi en charge les troubles du langage écrit. Parents, repérez ces signes ! 

  • Une difficulté à lire, une grande lenteur dans la lecture, voire le refus de lire 
  • Une difficulté à mémoriser l’orthographe des mots et les règles de grammaire (qui ne semblent pas logiques).
  • Une confusion des sons à la lecture ou dans l’écriture
  • Une difficulté à comprendre les textes.

On vous conseille de consulter le site de l’hôpital de Montréal pour enfants pour avoir des repères un peu plus précis sur ce qu’un bébé et un enfant doit être capable de faire à un âge donné et savoir repérer d’éventuels signaux d’alerte. Vous pouvez aussi vous référer à ce document très complet du Ministère français de la Santé et des Solidarités sur les troubles du langage. Attention cependant : ce ne sont que des repères, à ne pas prendre au pied de la lettre, un enfant peut se développer un peu plus lentement sans que ce soit grave ! 

Quel âge pour un bilan orthophoniste ?

Quel âge pour un bilan orthophoniste ?
Photo de Pavel Danilyuk provenant de Pexels

Il est très important de prendre en charge rapidement les troubles du langage chez un enfant, parce qu’ils peuvent se transformer en troubles des apprentissages. Les troubles du langage risquent aussi d’entraîner des troubles de l’écrit. C’est logique : un enfant qui n’arrive pas à se faire comprendre risque d’arrêter de parler et de ne pas se développer correctement. De même, un enfant qui mélange les syllabes à l’oral, puis à la lecture d’un texte, ne pourra pas suivre le programme scolaire à la même vitesse que les autres. 

Un bilan orthophonique doit donc être réalisé le plus tôt possible : c’est comme pour beaucoup de choses chez le jeune enfant. On pense, par exemple, à l’hypotonie chez le bébé, ou à la prise en charge d’un bébé aux besoins intenses : plus tôt des mesures sont mises en place et le bébé ou l’enfant accompagné, moins il a de chance de prendre du retard en retrouvant au contraire un développement normal. Dès qu’un bébé ne vocalise pas, ne babille pas, il faut en parler à un médecin pédiatre ! Cependant, retenez qu’en général, un bilan orthophonique n’est pas réalisé avant l’âge de 3 ans

Le bilan orthophonique aura pour but de comprendre les difficultés spécifiques de l’enfant. Il comportera une partie d’anamnèse (une discussion avec les parents, parfois avec les enseignants, pour comprendre le petit patient), et une partie de tests proprement dits. Il permettra de comprendre sur quoi l’orthophoniste et l’enfant doivent travailler. Sachez enfin que le travail de l’orthophoniste ne se limite pas à faire un bilan : passé ce dernier, l’orthophoniste fera des séances de rééducation avec l’enfant. Il peut aussi intervenir dans une approche plus préventive. 

Est-ce qu’un orthophoniste est un médecin ?

Est-ce qu'un orthophoniste est un médecin ?
Source : Pixel-Shot / Shutterstock.com

Un orthophoniste n’est pas un médecin. L’orthophonie fait partie des professions dites paramédicales, au même titre qu’un psychomotricien pour enfant, par exemple. 

Par contre, pas question de dénigrer les orthophonistes. Avant une récente réforme, pour exercer cette profession, il fallait commencer par réussir un concours très difficile avant d’intégrer un centre de formation : on parlait d’examen d’aptitudes. Aujourd’hui, il faut postuler via la plateforme ParcourSup dans les CFUO (Centre de Formation Universitaire en Orthophonie) et être sélectionné sur dossier. La sélection reste très dure. Ensuite, il faut suivre 5 ans d’études, sanctionnées par un diplôme d’État. C’est donc une profession réglementée, de haut niveau. 

Un orthophoniste n’est donc pas un médecin, mais il travaille très souvent avec d’autres professions de santé, dans le cadre d’une prise en charge pluridisciplinaire. Sachez que la majorité des orthophonistes travaillent en libéral, et que leurs consultations (sur ordonnance) sont en partie prises en charge par la sécurité sociale, contrairement aux psychomotriciens cette fois. 

Qui peut prescrire des séances d’orthophonie ?

On l’a déjà dit : seul un médecin peut prescrire des séances d’orthophonie pour votre enfant. Vous ne pouvez pas aller frapper à la porte d’un orthophoniste pour prendre un rendez-vous.

Par contre, les médecins qui peuvent prescrire ces séances (auxquels l’orthophoniste transmettra le bilan des séances) sont divers : médecin généraliste, médecin pédiatre, mais aussi pédopsychiatre par exemple. N’hésitez donc pas à évoquer vos inquiétudes avec le médecin qui suit votre enfant. 

Enfin, sachez que les médecins peuvent prescrire deux types de bilans : 

  • Un bilan orthophonique avec rééducation si nécessaire : le médecin envoie son patient vers un orthophoniste qui fait un bilan. Il sera suivi, ou non, d’une rééducation, selon les résultats de l’enfant. C’est l’orthophoniste qui décide s’il faut des séances ici.
  • Un bilan orthophonique d’investigation : ici, le médecin a besoin d’orienter son diagnostic médical et la prise en charge. En recevant le bilan de l’orthophoniste, le médecin prendre la décision, ou non, de prescrire des séances de rééducation orthophoniques.

Source image de couverture : Africa Studio / Shutterstock.com

A lire aussi :

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here