Diagnostiquer un RGO chez bébé : le parcours du combattant

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Le RGO de bébé, ou reflux gastro-œsophagien, n’est pas à prendre à la légère. Vous entendrez souvent que ce reflux est bénin et fréquent chez les enfants de 3 à 6 mois, et qu’il va disparaître à la faveur de la position assise, de la marche ou de la diversification alimentaire. Cela est vrai, mais il faut savoir qu’il existe des formes plus graves de ce reflux, comme l’œsophagite. Diagnostiquer un RGO chez bébé s’avère parfois être un véritable parcours du combattant. On vous donne tous les bons réflexes à adopter pour bien accompagner votre enfant qui a un reflux gastro-oesophagien ! 

Comment diagnostiquer le RGO ?

Comment diagnostiquer le RGO ?

Photo de @brianisalive.com via twenty20.com

Pour bien diagnostiquer le RGO, il faut distinguer la forme simple et la forme compliquée. Il n’y a pas qu’un seul type de RGO de bébé. Dans sa forme simple, le reflux gastro-œsophagien (RGO) désigne des régurgitations que le nourrisson va avoir, souvent à la fin du repas et à la faveur du rot post tétée. Sachez que ce reflux s’exprime sans contractions abdominales : ce ne sont pas des vomissements. Dans sa forme simple, les régurgitations seront externes, c’est-à-dire que bébé expulse une partie du contenu de son estomac, qui remonte involontairement par son œsophage. Dans cette forme, le RGO est dit normal. C’est celui-ci qui touche beaucoup de bébés (60% des enfants de moins de 4 mois) et qui disparaît tout seul avec le temps. Le RGO est favorisé par l’alimentation liquide (qui distend l’estomac : un bébé a un tout petit estomac et consomme beaucoup de lait !), mais aussi par l’immaturité du cardia, qui ne fonctionne pas encore assez bien pour bloquer les remontées de l’estomac par l’œsophage. On dit parfois que ce reflux n’est pas un problème médical, mais un problème de lessive ! 

Cependant, dans sa forme complexe, le RGO de bébé doit être diagnostiqué, et ce le plus tôt possible. En effet, un RGO sévère pourra s’exprimer par des reflux internes, c’est-à-dire que les parents ne voient pas les régurgitations de bébé. Elles resteront bloquées à l’intérieur, ce qui peut engendrer la toux du bébé RGO : il cherche à expulser ces sécrétions ! D’autres signes doivent alerter :

  • Un bébé qui dort mal et qui n’atteint pas le quota d’heures de sommeil nécessaire (pour un bébé de 3 à 6 mois, c’est environ 18 heures par jour), le sommeil de bébé est très perturbé.
  • Un bébé qui a sans arrêt envie de téter mais qui arrête rapidement (parce qu’il a des douleurs).
  • Un bébé qui pleure en mangeant ou juste après avoir tété (là aussi, c’est parce qu’il a mal).
  • Un nourrisson qui ne suit plus sa courbe de poids, ou qui perd du poids.
  • Un enfant qui refuse de manger (signe de douleurs).
  • Un bébé qui a la voix enrouée.
  • Un bébé qui fait des pauses respiratoires longues (apnée pathologique) pouvant entraîner des malaises.
  • Un nourrisson qui a des régurgitations externes avec des traces de sang.
  • Un bébé qui présente une érosion des dents (à cause de l’acidité du contenu gastrique qui remonte).
  • Un bébé qui souffre d’otites à répétition.

Ce type de RGO dit sévère ou pathologique, est lié à une œsophagite, c’est-à-dire une inflammation douloureuse de l’œsophage. Pas de temps à perdre : si vous détectez ces symptômes, courrez chez le pédiatre. 

Reflux interne : changer de pédiatre si vous n’êtes pas entendus 

Reflux interne : changer de pédiatre si vous n'êtes pas entendus
Photo de @debb_alba via twenty20.com

En théorie, un pédiatre auquel vous décrirez ces signes fera ou prescrira des examens à votre bébé pour investiguer la présence d’un reflux interne. Ces examens peuvent être de différents types : 

  • PHmétrie : elle va permettre d’évaluer le reflux acide et son intensité.
  • Endoscopie (ou plus précisément endoscopie oeso-gastro-duodénale, EOGD) :  en cas de suspicion d’œsophagite, elle va permettre de révéler les lésions œsophagiennes liées au reflux. Si une anomalie est mise en évidence, une biopsie peut être réalisée (prélèvement d’un petit échantillon de tissu de l’œsophage).
  • Bronchoscopie : utilisée uniquement si les symptômes respiratoires sont prédominants.
  • Transit oesophago-gastro-duodénal (TOGD) : utilisée dans les cas très sévères où une intervention chirurgicale est pressentie.

Cependant, il peut arriver d’aller chez un pédiatre qui vous semble ne pas prendre au sérieux vos inquiétudes et minimiser le problème de votre bébé. Le RGO étant une affection commune chez le nourrisson, il peut vous inciter à modifier certains de vos comportements qui diminueraient un RGO simple – et cela fonctionnera dans certains cas ! Mais si le problème persiste, que votre bébé semble souffrir et que, malheureusement, le pédiatre ne vous écoute pas – cela peut arriver ! – allez chez un autre médecin. Attention cependant à ne pas changer de pédiatre comme de chemise : essayez d’accorder votre confiance au professionnel de la santé – qui a fait de longues et sérieuses études – et de suivre ses conseils et ses traitements. C’est seulement si les symptômes restent présents chez votre nourrisson et que vous ne vous sentez pas entendu qu’il faut en changer (par exemple, si le médecin ne vous croit pas quand vous décrivez les signes que présente votre bébé). Il est toujours important d’avoir un lien de confiance avec votre pédiatre pour le bien-être de votre enfant. Comme un médecin reste le seul à même de diagnostiquer un RGO sévère et de prescrire le traitement adapté qui soulagera votre bébé, gardez précieusement un pédiatre qui est à votre écoute, et insistez sur les douleurs de votre enfant si l’on ne vous écoute pas ! 

Les complications chez le bébé RGO : s’y préparer pour l’accompagner au mieux

Les complications chez le bébé RGO : s'y préparer pour l'accompagner au mieux
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Vous l’avez compris : un RGO sévère entraîne des complications chez bébé. Lorsque le contenu de l’œsophage remonte est n’est pas évacué par régurgitations externes, il s’accumule et peut créer des affections ORL (de type sinusite, rhinopharyngites, laryngites, ou encore otites à répétition). L’œsophagite, ou inflammation de l’œsophage, apparaît à cause des remontées acides qui vont attaquer la paroi de l’œsophage et créer des douleurs chez bébé. Votre nourrisson peut aussi avoir des problèmes respiratoires et, parfois, être sujet à des malaises. Toux, sommeil perturbé, pleurs avant ou pendant l’alimentation, perte de poids… Il faut avant tout retenir ces symptômes pour être capable d’en parler avec un médecin. 

Si votre bébé s’avère avoir un RGO pathologique, il vous faudra suivre le traitement prescrit. En cas d’œsophagite, bébé devra prendre des inhibiteurs de la pompe à proton, ou anti-sécrétoires-gastriques : attention de bien respecter la posologie. Une intervention chirurgicale sera peut-être nécessaire s’il y a un dysfonctionnement notable et grave du système digestif du nourrisson. 

Mais pour commencer, des gestes simples, prescrits en cas de RGO classique, peuvent dans un premier temps vous permettre d’accompagner au mieux bébé dans cette maladie douloureuse (on pense par exemple à ne pas coucher son bébé juste après le repas, à faire manger son enfant moins mais plus fréquemment, à ne pas mettre bébé en position semi-assise après la tétée). Et s’il est besoin de le préciser, sachez qu’un bébé ressent l’angoisse de ses parents et que le stress qui entoure un nourrisson aura tendance à aggraver ses pathologies – notamment parce qu’un bébé anxieux s’alimente moins facilement. Entourez votre bébé d’amour et faites confiance à ce nouveau pédiatre qui vous écoute : c’est le meilleur conseil pour anticiper les traitements que va subir bébé, qui vont soulager ses douleurs et le guérir de cette maladie !

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