Le chariot de marche : utile ou pas ?

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Les premiers pas de son enfant, c’est un moment important pour les parents. C’est parfois aussi une source d’inquiétude : est-ce que c’est normal que mon bébé ne marche pas encore ? Est-ce qu’il est en retard ? Faut-il s’en inquiéter ? Comment puis-je aider mon enfant à apprendre à marcher ? C’est ainsi que pour aider à l’apprentissage de la marche, accompagner bébé dans ses premiers pas, de nombreuses enseignes proposent des chariots de marche, aussi appelé pousseurs, trotteur pousseur ou encore chariots à pousser. Mais est-ce qu’acheter un pousseur pour son enfant, c’est vraiment utile ? 

 

À quoi sert le chariot de marche pour l’enfant ?

On trouve des chariots de marche dans tous les magasins d’éveil et de jeux pour enfants : parfois appelé pousseur, c’est cet objet généralement en bois, doté de roues, que l’enfant peut pousser devant lui grâce à une barre horizontale, un peu à la manière d’un caddie. Un chariot pousseur peut être musical, comporter des éléments sur le devant (comme des grosses perles à faire glisser le long d’une tige en métal, des petits engrenages en bois, des dessins…) ou vraiment ressembler à un petit chariot dans lequel l’enfant pourra mettre des jouets ou des peluches. Il y en a donc de toutes les formes, à tous les prix, mais le principe reste le même : c’est un objet que l’enfant pousse devant lui, en étant debout. 

 

Le chariot de marche est souvent présenté par les fabricants de jouets comme l’achat ou le cadeau à faire pour accompagner un bébé dans l’apprentissage de la marche. L’idée, ce serait d’accélérer les premiers pas autonomes d’un enfant grâce à ce chariot pousseur, ou de rassurer un enfant qui est peu attiré par la position debout. En effet, avec un chariot de marche, le bébé qui n’a pas encore assez d’équilibre pour marcher tout seul peut se tenir debout, en appui derrière son chariot, et se déplacer en mettant un pied derrière un autre. Et l’idée des vendeurs de pousseurs, c’est qu’en apprenant à « marcher » avec un appui devant soi, le bébé pourra peu à peu se passer de son chariot et marcher en tout autonomie, sans avoir besoin du soutien d’un pousseur.

 

À quoi sert le chariot de marche pour l'enfant ?
Par New Africa / Shutterstock

Le chariot de marche est-il indispensable dans le développement de l’enfant ?

Les arguments des fabricants de jouets pour enfants ne sont pas toujours à prendre pour argent comptant : pensez par exemple aux oreillers anti-tête plate pour éviter la plagiocéphalie, ils sont en réalité très mauvais pour les bébés et ont même tendance à accentuer l’aplatissement de la tête d’un nourrisson. Qu’en est-il des chariots de marche, sont-ils vraiment utiles, voire réellement indispensables pour aider un enfant à marcher ? 

 

À la première question, on peut répondre oui : le chariot de marche est utile. C’est un objet attirant pour l’enfant parce qu’il s’agit d’un jeu pour lui, et il permet en effet de favoriser la motricité. Il faut par contre bien faire attention : le chariot pousseur, que l’on trouve parfois vendu sous le nom de « trotteur pousseur », est à bien distinguer de ce qu’on appelle le plus souvent trotteur, ou youpala. Un trotteur n’est pas du tout un chariot de marche : dans le trotteur, le bébé est assis-debout, il repose sur un siège placé au centre d’un cadre muni de roues, les jambes pendant au milieu ; l’enfant n’est donc pas totalement libre de ses mouvements, et il est retenu en suspension par ce siège. Il faut éviter d’acheter un trotteur pour deux raisons : il y a un fort risque d’accident, et cela nuit au développement du bébé. Les psychomotriciens pour enfant le disent : dans un trotteur, l’enfant n’est pas libre de ses mouvements, le poids du corps est mal réparti (parce que l’enfant est « retenu » par ce siège), il peut se faire mal et cela ne l’aide en rien à acquérir un équilibre. À l’inverse, avec un chariot pousseur, l’enfant doit trouver son équilibre en répartissant bien le poids de son corps pour ne pas tomber, il apprend à coordonner ses mouvements de jambe pour marcher, et à trouver de bons points d’appui. Il est surtout indiqué pour des enfants qui maîtrisent le quatre pattes et sont déjà attirés par la station debout, qui arrivent à se relever mais pas encore à marcher seuls. 

 

Le chariot de marche est donc utile, mais pas pour tous les enfants : c’est pour cela que non, le pousseur n’est pas indispensable dans le développement de l’enfant. Pas du tout, même ! À part en cas de graves troubles moteurs, tous les enfants finissent par apprendre à marcher : pour certains c’est très rapide, pour d’autres c’est un peu plus long, mais les parents ne doivent pas s’affoler et investir à tout prix dans un chariot de marche. D’ailleurs, trop pousser son bébé à apprendre à marcher avec un pousseur peut être délétère : certes, l’enfant apprend à se tenir debout, à trouver ses appuis, à mettre un pied l’un devant l’autre. Mais il s’appuie sur le chariot, ce qui modifie son équilibre et ses points d’appui et peut ne pas l’aider, finalement, à s’en passer et à marcher de manière autonome. De plus, malgré les freins dont sont munies les roues de tout pousseur de bonne qualité, l’enfant doit maîtriser un tant soit peu sa force et son équilibre pour ne pas tomber à plat ventre derrière son chariot. Comme pour tous les jouets et objets pour enfant, on adapte donc ses achats à l’âge de son enfant et on ne donne pas trop tôt des jeux inadaptés. 

 

En résumé : le pousseur peut être utile pour accompagner doucement la transition du quatre pattes vers la marche, notamment chez des enfants qui se mettent à la marche plus lentement que la moyenne. Il n’est pas indispensable, mais utile, et bien meilleur pour le développement de votre enfant qu’un trotteur (à bannir !). De plus, un chariot de marche muni d’autres jeux permet à la fois de stimuler la motricité fine, la motricité globale et la curiosité ; c’est aussi un bel objet, souvent en bois, qui peut servir de rangement et que votre enfant pourra continuer à utiliser (pour ses jeux notamment), même une fois que la marche est acquise. 

 

 

Le chariot de marche est-il indispensable dans le développement de l'enfant ?
Par Oksana Kuzmina / Shutterstock

Comment aider son enfant à marcher ?

Tous les parents sont heureux quand leur enfant fait ses premiers pas : on espère être là à deux pour voir ça de ses propres yeux, on attrape parfois son téléphone pour filmer et enregistrer les images à jamais, c’est quelque chose qu’on raconte aux grands-parents et aux amis… Et c’est d’ailleurs assez logique : le stade de la marche, c’est un vrai pallier dans le développement d’un bébé, de même que les premiers mots. 

 

Mais le meilleur conseil à donner aux parents qui veulent encourager leur bébé à marcher, c’est de ne pas oublier que sauf pathologie lourde et très grave, tous les bébés vont apprendre à marcher à un moment ou à un autre. Il ne sert à rien de presser les choses, parce que globalement, les enfants apprennent à marcher seuls ! Attention : bien sûr, il faut être vigilant à certains signes, notamment à une hypotonie chez le bébé qui pourrait révéler de vrais troubles moteurs et nécessiter une prise en charge adaptée et rapide, afin que l’enfant ne prenne pas de retard dans son développement. Mais en dehors de cas assez rares, un bébé fera ses premiers pas quand il y sera prêt : qu’il acquière la marche 6 mois après son cousin n’est absolument pas dramatique. 

 

Aider son enfant à marcher, c’est donc plutôt lui donner les bonnes conditions pour qu’il fasse ses premiers pas. On l’a dit, on réserve le chariot de marche pour la fin de son apprentissage, et on bannit le trotteur. Il faut garder à l’esprit qu’il y a des étapes intermédiaires qu’il faut maîtriser avant que l’enfant ne se mette à marcher : la tenue de la tête par exemple, ou la position assise, sont des prérequis à la marche – et ce sont des apprentissages naturels ! L’important c’est donc de laisser votre enfant libre de passer ces différentes étapes : cela veut dire le laisser bouger (en le surveillant, évidemment), explorer son environnement (les enfants sont curieux !), tester son équilibre, découvrir qu’il peut avancer à quatre pattes, etc. Misez sur la motricité libre en aménageant des espaces sécurisés, habillez votre enfant avec des vêtements qui ne sont pas trop serrés et donnez-lui confiance en étant bienveillant sans le pousser à apprendre la marche plus vite que la musique !

Image de couverture Par SunshineItaly /Shutterstock

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